lundi 7 septembre 2009

Élèves francophones minorisés: faut-il réduire l’immigration?


Minoritaires! Après que la proportion de francophones à Montréal ait chuté sous le seuil historique des 50%, un nouveau plancher vient d’être défoncé: les Québécois de souche sont désormais moins nombreux que les allophones dans les écoles publiques montréalaises! Et ce n’est pas fini: le nombre d’immigrants devrait augmenter de 46 000 à 55 000 d’ici 2010. Jusqu’où ira-t-on pour affaiblir la culture québécoise?

Oh, mais je vous entends déjà débiter le sempiternel refrain: « l’immigration est une richesse, comment oses-tu remettre en question ce formidable trésor, ce don du ciel, alléluia! » et bla-bla-bla. Vrai. Mais l’eau aussi constitue une richesse, ce qui n’empêche pas qu’en trop grande quantité elle peut tuer. L’eau est une richesse, mais le tsunami tue. Une richesse n’est pertinente qu’en relation avec les conséquences négatives de sa trop grande possession.

De la même manière, la cohésion sociale représente peut-être une richesse encore plus précieuse que l’immigration. Selon Marie McAndrew, professeure à l’Université de Montréal, à partir d’une concentration ethnique dépassant 75%, des effets négatifs sur la cohésion peuvent se produire dans les classes. Près de soixante écoles sur l’île de Montréal dépassent ces chiffres. Pensons-y un peu: comment espère-t-on intégrer des jeunes vivant dans un environnement ignorant tout du Québec et de sa culture et où le terme « Québécois » possède plus souvent qu’autrement une connotation négative?

Pourtant, les effets négatifs d’une trop grande immigration sont bien connus. Benoît Dubreuil, chercheur au Centre d’études et de recherches internationales (CÉRIUM), explique:

On sait que l’incidence de la pauvreté chez les immigrants est deux fois supérieure à ce qu’elle est dans la population en général et que les minorités visibles sont deux fois plus touchées par le chômage. Ces résultats ne semblent pas dépendre de notre système de protection sociale particulier puisque tous les pays industrialisés - autant la Suède, la Belgique que les États-Unis - sont confrontés à des résultats semblables.

Qui plus est, la ghettoïsation a atteint un stade inquiétant dans le domaine résidentiel, où se multiplient les enclaves ethniques, et dans le domaine scolaire, où 60 % des enfants issus de l’immigration fréquentent des écoles à majorité immigrante. À cela s’ajoute bien sûr la question linguistique, loin d’être réglée alors qu’un immigrant sur deux arrivé au cours des 25 dernières années utilise toujours l’anglais dans ses interactions publiques.

Certains pays, comme l’Angleterre, ont compris les dangers d’une trop grande immigration sur la cohésion sociale et ont décidé de limiter la venue de certains groupes. 1 Ici, pas question! On ouvre encore davantage les vannes, et que l’eau monte! Vous en voulez une richesse, la voilà! Et buvez, buvez, chers amis, jusqu’à votre mort!

L’ouverture

D’autres nous disent encore: « il faut faire preuve d’ouverture! ». Sommes-nous réellement plus « ouverts » aujourd’hui qu’il y a vingt-cinq ans, par exemple? Le ratio naissances/immigration était de 4,7 en 1982 (4,7 fois plus de naissances que d’immigrants reçus en une année). En 2007, le ratio tombe à 1,8. Pour un nombre de naissances semblable, nous recevons trois fois plus d’immigrants.2 Et ce n’est qu’un début!

Qu’est-ce que l’ouverture, au fait? L’ouverture, il me semble, c’est de se montrer accueillant et prêt à faire des compromis, à accepter l’autre dans ses différences en autant que celui-ci respecte nos valeurs de base. Et de ces valeurs, il me semble, une doit être notre capacité à survivre en tant qu’entité culturelle et linguistique et l’autre doit être de bien pouvoir s’occuper des nouveaux arrivants. On peut ouvrir toutes grandes les portes de notre maison, mais il doit être clair pour nos invités qu’il s’agit effectivement de notre maison. Ils nous font la fleur d’amener leur héritage culturel, mais y a-t-il suffisamment de pots pour tous?

Parallèlement, il a été démontré que l’intégration des immigrants constitue un travail beaucoup plus ardu qu’on pourrait le croire. Le démographe Marc Termote le souligne:

Les natifs dont la langue maternelle n’est ni le français, ni l’anglais, ni une langue autochtone, constituent environ 30 % du total de la population de langue maternelle « autre ». Même s’ils sont nés au Canada, ces descendants d’immigrants ne sont guère portés à abandonner la langue tierce qu’ils ont héritée de leurs parents : seulement quelque 40 % l’ont fait, et parmi ces derniers, à peine un quart ont choisi le français comme langue d’usage à la maison. En d’autres termes, au sein de ce groupe de natifs de langue maternelle tierce, seulement 10 %, soit environ 20 mille personnes, ont choisi comme langue d’usage à la maison la langue officielle et majoritaire du Québec. Puisqu’il s’agit ici de transferts sur la durée de vie, on peut aisément estimer à quelques centaines d’unités le gain annuel moyen réalisé par le groupe francophone grâce à l’ « intégration » linguistique des descendants d’immigrants. Un tel résultat démontre, s’il en est besoin, l’extrême difficulté à changer de langue.

Ce problème est particulièrement explosif chez les immigrants de souches non latines. Le Conseil supérieur de la langue française (CSLF), en plus de dénoncer la hausse prévue du nombre d’immigrants comme étant disproportionnée en relation aux ressources disponibles pour l’intégration de ceux-ci, a établi que les efforts de francisation des Asiatiques, Slaves et Scandinaves depuis trente ans ont été à peu près nuls. 3 Composant près de 35% de l’apport d’immigrants à chaque année, ils n’apprennent le français que dans une proportion de 15%. Comment expliquer cela?

L’indice de vitalité linguistique

La réponse se trouve peut-être dans l’indice de vitalité linguistique (IVL). Cet indicateur, très utile, s’obtient en divisant le nombre de personnes parlant une langue d’usage par celles la parlant en tant que langue maternelle. Quand le résultat est près de 1, il y a stagnation, au-dessus il y a un certain attrait pour cette langue, et en-dessous on parle d’assimilation. Au Québec, par exemple, l’IVL des francophones sur l’île de Montréal est passé de 1,03 en 1986 à 1,09 en 2006. Les anglophones, eux, ont vu leur IVL exploser de 1,18 à 1,43! Concrètement, le pouvoir d’attraction de la langue anglaise est de loin supérieur à celui du français. Faut-il se surprendre, alors, s’il a été démontré qu’entre 54% et 60% des travailleurs de langue maternelle française parlent anglais quand ils s’adressent à leurs supérieurs, leurs collègues ou leurs subordonnés anglophones? 4

L’anglais constitue une langue plus attractive, simplement.

Des lieux d’éducation remplies d’immigrants, une cohésion sociale amoindrie, des difficultés d’intégration, une dévalorisation de la culture québécoise, une langue menacée et un faible pouvoir d’attraction; ne s’agit-il pas de la recette parfaite pour une catastrophe linguistique et culturelle? Quelle société d’accueil offre-t-on aux nouveaux arrivants en les parquant dans des écoles où ils ont peine à rencontrer des Québécois de souche? Soyons humains, et offrons-leur une société cohérente.

À défaut de pouvoir tout solutionner d’un seul coup, ne faudrait-il pas commencer par le début et réduire le nombre d’immigrants avant qu’il ne soit trop tard? Face aux dogmes des solutions magiques du multiculturalisme et de l’immigration prônés par ces bien-pensants qui jouissent avec le feu, qui aura le courage de poser crûment la question?

1. Le Monde, International, jeudi, 26 octobre 2006, p. 8, EUROPE, GRANDE-BRETAGNE MARCHÉ DU TRAVAIL, Au nom de la cohésion sociale, Londres limite l’immigration des Bulgares et des Roumains, Marc Roche []
2. Statistiques Canada, Tableau 051-00041, Composantes de l’accroissement démographique, Canada, provinces et territoires, annuel (personnes) [
]
3. Le Devoir, LES ACTUALITÉS, vendredi, 27 juin 2008, p. a1, État de la langue française, Québec «ne doit pas laisser aller les choses», Un bloc irréductible d’immigrants ne se francise jamais, Dutrisac, Robert [
]
4. Idem. [
]

Source

5 commentaires:

Anonyme a dit…

On m'avait bien dit que vous souffriez du même mal qui ronge cette vielle Europe, mais il fallait que je constate par moi même pour entendre.
Voilà qui est fait.
Pour moi c'est une illusion qui prends fin mais je devrais peut-être vous en être reconnaissant aprés tout, je vais gagner du temps.

Juste une chose avant de prendre congé : avant de craindre l'extinction de votre souche "submergée" par un tsunami "éthnique", souciez vous donc un peu de ceux que vous avez bien eux, rayer de la carte par votre immigration, je parle bien de vos Natifs, ceux-là même qui n'ont eut d'autre choix que de vous "acceuillir", et ceux -là même parmis ceux qui restent aujourd'hui, que vous laissez au banc de votre société...

Je vous laisse. Entre vous.
Le Créateur reconnaîtra les siens.

NOTRE TERRE QUÉBÉCOISE a dit…

Oh que c'est gentil de vous souciez de nos "natifs" mais j'ai des ancêtres amérindiens et les "natifs" qui reste encore aujourd'hui sont principalement tous de sang mêlé avec du Français, de l'Irlandais, de l'Écossais et de l'Anglais. Donc question légitimité... Je crois qu'on peut bien décider comment gérer nos terres sans demander à personne.

Voulez-vous un conseil? Quand vous colonisez un territoire africain, ne ramenez pas tous ces indigènes chez vous car ça donne ce genre de discours triste où l'on voit des Européens rééduqués et coupables de leurs gestes.

Anonyme a dit…

Je vous retourne le compliment, c'est gentil mais j'ai des ancêtres africains.
Je suis métis...

Vous ne comprenez pas que vous n'avez rien à gagner à singer cette vielle Europe encore une fois, et cette vielle France qui vous a si souvent rabaisser.
Ici tout est joué, chez vous tout est à gagner.
Faites en sorte de tirer les bonnes cartes, vous en sortirez gagnant.

Vous êtes maître chez vous bien entendu et si vous voulez rester entre vous, personne ne devrait en vérité y trouver à redire.
Mais nul besoin pour ça d'endosser le rôle de "l'identitaire" ou celui même du réactionnaire.
De grâce.

Ca me peine simplement de vous voir prendre pour modèle l'UMP et Zemmour. C'est tout.

Bien à vous.
Un admirateur malgré tout de votre Pays.

NOTRE TERRE QUÉBÉCOISE a dit…

Je n'ai pas entièrement pour modèle français l'UMP et Éric Zemmour. D'ailleurs, je n'aime pas vraiment l'UMP, ils sont totalement à l'inverse de mon idéologie comme celle d'Éric Zemmour car il est pour le modèle d'assimilation à la française et pour un protectionnisme économique.

Le FN est intéressant si on oublie tout ce qui se raconte comme rumeur et qui tourne autour de ce parti politique. Je devrais dire que le programme électoral sur papier est intéressant.

Sinon ailleurs en Europe, j'aime bien le modèle suédois et irlandais.

Anonyme a dit…

On monte en puissance on dirait, après les renvois sur le blog de Zemmour, on passe à François Desouche?

C'est parceque vous faites pas le plein, c'est ça?
Faut radicaliser un peu...

J'aimerais vous poser une question: quand la Françe que vous aimez tant sera à feu et à sang, qu'allez- vous faire de votre si noble cause?
Vous fermez la boutique ou vous vous rabattez sur, je ne sais pas moi, la Suisse par exemple?

Vous ne comprenez même pas que votre Terre Québécquoise que vous affectionnez tant, à juste raison (je suis le premier à vous défendre contre mes pairs qui vous humilient sur le web), est en péril et que les Anglophonnes n'attendent que ça de vous faire la peau au détour du chemin...

Ceux que vous prenez pour vos fossoyeurs pourraient fort bien être vos sauveurs pour peu que vous acceptiez de troquer la Peur pour la Confiance, l'Instinct (bas) pour la Raison.

Un vent mauvais souffle ici et vous en verrez trés bientôt les effets.
Je vous le guarantie.