vendredi 25 septembre 2009
jeudi 24 septembre 2009
Robert Rumilly : L'homme de Duplessis
Pour Robert Rumilly, les idéaux de la Révolution française ont souillé la France. Il s’exile alors au Canada et, à compter de 1928, s’engage dans une activité intellectuelle frénétique qui a marqué son temps. On lui doit pas moins de quatre-vingt-onze livres, dont l’Histoire de la province de Québec en quarante-et-un volumes, sans compter les brochures et les conférences. Écrivain hors du commun, Rumilly se démarque aussi par son rôle de rassembleur infatigable des intellectuels de droite de son époque. Passionné par la vie politique, il organise des rapprochements entre des personnages marquants, tels Maurice Duplessis, Camillien Houde, Henri Bourassa, René Chaloult, et même Conrad Black. Son énergie est surtout consacrée au service de l’Union nationale de Duplessis.
Pétainiste impénitent, Rumilly accueille en Amérique des collaborateurs des nazis, à commencer par le célèbre Jacques Dugé comte de Bernonville. Jusqu’à la fin de sa vie, en 1983, il demeure fidèle à son maître Charles Maurras, l’idéologue de l’Action française.
Avec ce livre, Jean-François Nadeau met en lumière la place qu’occupe la droite extrême dans la fondation du Québec contemporain.
L'actualité - L'éminence grise de Duplessis


Robert Rumilly : L'homme de Duplessis disponible sur Livres Québécois
mardi 22 septembre 2009
Pour la suite du monde
C’est le 6 septembre 1535 que l’explorateur français Jacques Cartier, naviguant sur les eaux du fleuve Saint-Laurent, pose son pied sur une île située au bord de la terre du nord, une île avec des arbres de plusieurs sortes, écrit-il, et entre autres il y a plusieurs couldres: Et pour ce la nommasmes l'ysle es Couldres. En nommant les îles et les rivages dans son journal de navigation, en décrivant les paysages et les habitants qu’il rencontre, Cartier prend possession du territoire et s’inscrit dans l’histoire en tant que premier poète du pays. Pierre Perrault demeurera à jamais marqué par ce texte fondateur. Entre 1955 et 1968, Perrault suit assidûment les traces de Cartier, il le cite abondamment et s’en inspire dans pratiquement tous ses projets radiophoniques et cinématographiques. En 1958, après avoir fréquenté et enregistré les habitants de l’Île-aux-Coudres, Perrault collabore à la réalisation du court métrage La traverse d’hiver à l’île aux Coudres qui servira de projet pilote pour une série intitulée Au pays de Neufve-France. C’est dans ce court film qu’apparaît pour la première fois le personnage d’Alexis Tremblay, lequel deviendra la figure emblématique de la Trilogie de l’île-aux-Coudres. Il n’est donc pas étonnant d’entendre dès le début du film Pour la suite du monde les mots du livre de Cartier lus par Alexis Tremblay. Car pour le cinéaste, Alexis Tremblay incarne à la fois la sagesse du livre et la beauté du verbe qui s’est perpétué depuis la venue de Jacques Cartier. Alexis incarne aussi la connaissance ancestrale d’un monde qui est sur le point de basculer sous nos yeux, un monde oublié et perdu sur une île où le temps semble s’être arrêté. Non seulement Pour la suite du monde est le premier long métrage canadien à avoir été présenté au Festival de Cannes, mais il s’agit surtout d’un des rares, sinon le seul chef d’œuvre que le cinéma québécois a donné au patrimoine cinématographique mondial.
Source : Site de l'ONF - Pour la suite du monde
Le Chevalier Charles Huault de Montmagny, dit Ononthio, Second gouverneur de la Nouvelle-France
Né à Paris en 1601, le Chevalier Charles Huault de Montmagny fut éduqué par les Jésuites, poursuivi ses études en droit à l’Université d’Orléans, devint membre de l’Ordre de Malte en 1622 et développa ses talents militaires dans les campagnes militaires de son ordre contre les corsaires musulmans de l’Afrique du Nord. Nommé successeur du Sieur Samuel de Champlain en tant que gouverneur de la Nouvelle-France, il y débarqua en 1636.
Le défi suivant l’y attendait : Rapidement alliés aux nations autochtones commerçantes du St-Laurent, les Français avaient décidé de les appuyer dans leur combat contre leur ennemi traditionnel ; la Confédération Iroquoise. Si, avec l’assistance des mousquetaires français, les tribus alliées remportèrent d’abord un certain nombre de victoires, le décès de Champlain en 1635 laissa les jeunes colonies dans une situation précaire. Le commerce le long du Hudson avec les colonies hollandaises avait fourni aux Iroquois des armes européennes meurtrières et précises, dont l’arquebuse et le mousquet. Ainsi armés et enflammés par le désir de se venger, les Iroquois détruisirent les villages de leurs ennemis, massacrant de nombreux Algonquins, Montagnais, Hurons et Français tout le long du St-Laurent.
Dès son arrivée, Montmagny dut immédiatement faire face à la fois à cette menace Iroquoise ainsi qu’au défi de la propagation de la foi catholique parmi les tribus amérindiennes. Tel que l’expliquait un chef Montagnais à Montmagny : « Deux ennemis nous détruisent ; l’ignorance de Dieu, qui tue nos âmes, ainsi que les Iroquois, qui tuent nos corps ».
La première épreuve de Montmagny en Nouvelle-France prit peu de temps à voir le jour. En aout 1637, une bande de 500 guerriers Iroquois attaqua des canoës Hurons dans la région de Trois-Rivières. Pour mieux saisir l’ampleur de la menace, il faut souligner le fait que la population française du Canada à l’époque ne dénombrait que quelques centaines d’âmes. Montmagny était présent à Trois-Rivières au moment de la razzia et assura personnellement la défense de la colonie, armant les alliés Hurons d’épées, de pôles et de couteaux. Bien que formé aux arts militaires en Europe, Montmagny respectait l’efficacité des tactiques de guerre des Iroquois, qui misaient fortement sur des ruses et des embuscades. Selon le Père Paul Le Jeune, il a cependant « tout mis en si bon ordre, tant parmi les Français que les Sauvages [sic.], qu’il y avait lieu de louer le Seigneur pour la méthode et la discipline de part et d’autre. » Ouvert d’esprit, il était aimé autant par les amérindiens Algonquin, Montagnais et Huron que par les colons.
Dans les années qui suivirent, les Iroquois concentrèrent leurs attaques sur des cibles plus faciles et Montmagny put consacrer plus de son temps à propager la Foi parmi les amérindiens. Ardent promoteur de la conversion des amérindiens, il mit en place le programme d’instruction amérindien à Sillery. Un séminaire fut également fondé par les Jésuites en vue d’éduquer les Hurons et Algonquins et Montmagny fit autant qu’il put pour assister les missionnaires dans cette œuvre. Le Père Le Jeune le considéra « un exemple remarquable de piété ». Il alla même jusqu’à assister aux cours de catéchisme et à parrainer personnellement au moins une douzaine de catéchètes amérindiens.
Lorsqu’un nombre de Montagnais qui vinrent à s’installer à proximité des colons Français contractèrent une maladie incurable, Montmagny alla fréquemment visiter ces malades. Lorsque le fils d’un certain Noël Nagabamat mourut, ce dernier dit au Père Le Jeune : « Nikanis, dites au Capitaine que je le remercie d’avoir visité mon fils durant sa convalescence. Assurez-lui que mon cœur et en paix et que je n’oublierai pas ma promesse à Dieu de le server toute ma vie ». Le Père Le Jeune rapporta que ces paroles affectèrent fortement Montmagny, qu’il qualifia en cette occasion de « Chevalier du Saint-Esprit, tant il est prêt à accomplir des actions courageuses et empreintes de l’Esprit du Très Haut. »
Montmagny se montra également zélé dans sa défense des amérindiens convertis contre ceux qui s’objectaient à leurs pratiques chrétiennes. Lorsque les intentions amoureuses d’un jeune guerrier Montagnais païen furent rejetées par une fille chrétienne, le père du premier menaça de mort tous les habitants du village qui s’étaient convertis. Lorsqu’il dut ensuite comparaitre devant Montmagny, ce dernier lui fit comprendre qu’il était lui-même un pratiquant fervent et qu’il considérerait toute attaque sur un amérindien chrétien comme une attaque contre sa propre personne. Le Père Barthélemy Vimont nota que « ce sermon… eu son effet ».
Comme la torture des prisonniers était pratiquée parmi les nations autochtones tant alliées qu’ennemies, Montmagny libéra également autant de captifs qu’il le put. Lorsque les Algonquins capturèrent un Iroquois après une escarmouche et que Montmagny le rançonna avant qu’il ne passe au bucher, ce dernier le loua de son sobriquet d’ « Ononthio » en guise d’appréciation. En effet, impressionnés par sa grande stature et sa grande dignité, les amérindiens le surnommaient « Ononthio » ou « Grande Montagne » -traduction de son nom Montmagny, Mons Magnus.
Peu de temps passa avant que de nouvelles attaques Iroquoises ne forcent Montmagny à s’atteler de plus belle à la tâche de la défense de la colonie. En 1641, une bande imposante de guerriers Iroquois apparut dans les environs de Trois-Rivières avec deux prisonniers Français. Montmagny offrit à leurs chefs des couteaux, des couvertures, des mats, des robes et des haches, selon la coutume du pays, ainsi qu’un traité de paix. Lorsqu’il refusa cependant d’également leur donner les arquebuses qu’ils réclamaient, cela leur valut, selon le Père Vimont, que « Monsieur le Gouverneur se résout de leur ‘donner à manger’ des arquebuses, mais pas de la manière qu’ils espéraient. »
Lorsque de Maisonneuve et ses 40 colons débarquèrent en vue de fonder Ville Marie (plus tard Montréal) en 1641, Montmagny les hébergea d’abord tout l’hiver à ses frais et, le printemps venu, les escorta personnellement à leur destination.
Montmagny fortifia par la suite les postes français et ordonna à aux navires naviguant la rivière Richelieu de décharger leurs cannons sur tout arquebusier Iroquois qu’ils y trouveraient. S’il connut quelques victoires, les Français durent également écoper la perte de plusieurs missionnaires aux mains des Iroquois, dont les pères Isaac Jogues et René Goupil en l’honneur desquels Montmagny fit ériger une grande croix.
Montmagny tenta par la suite à plusieurs reprises de conclure une paix avec les Iroquois et sembla presque y parvenir en 1645 lorsque, durant un échange de prisonniers, un captif Iroquois s’exclama : « Onothio, il faut admettre que vous êtes bon… Notre colère s’est dissipée. Je n’ai plus d’ardeur que pour la paix et le bonheur ». Si les Iroquois attaquèrent bientôt de nouveau les Français et leurs alliés amérindiens de la région de Québec avec une férocité renouvelée, Montmagny avait déjà complété son troisième mandat en tant que Gouverneur et avait été rappelé à la Métropole en 1648. Il quitta la Nouvelle-France sincèrement regretté de tous pour sa prudence et sa sagesse. Avec son départ, la Nouvelle-France fut dépourvue d’un chef fort et fut plongée dans un état de crise. Les alliés amérindiens des Français, ainsi que leurs missionnaires Jésuites, furent presque entièrement anéantis par les Iroquois.
Après son retour en France, Montmagny fut envoyé à St. Christophe dans les Antilles, une possession de son Ordre, où il mourut en 1651. Il est enterré à l’Eglise de Basseterre.
Si plusieurs historiens Canadiens-Anglais accusent Montmagny de n’avoir été qu’un « pion » des Jésuites, l’indépendance de son gouvernement démentit ces accusations. En tant que gouverneur, Montmagny vit à l’extension et au renforcement des défenses du Fort St-Louis, ainsi qu’à la construction du Collège Jésuite, de l’Abbaye des Ursulines et de l’hôpital Hôtel-Dieu, dédiant les noms des rues de Fort Louis au Roi, ainsi qu’aux Saints Patrons de Paris et de son Ordre. Il construisit Fort Richelieu (Sorel) sur un lieu où il remporta une victoire sur 700 Iroquois. Il contribua grandement au développement économique de la Nouvelle-France en concédant 20 domaines agricoles à des familles coloniales industrieuses. L’Isle Jésus, parallèle à l’ile de Montréal, fut en fait d’abord nommé Isle Montmagny en son honneur. Sa prévoyance, sa diligence et son courage personnel taillèrent pour Montmagny une réputation parmi les amérindiens qui fut cruciale à la survie des colonies Françaises en Amérique. A preuve de son impact personnel parmi les amérindiens, ses successeurs reprirent à leur tour le titre d’ « Ononthio ». Selon les témoignages et les écrits de ses contemporains, le Chevalier de Montmagny était doux de tempérament, courtois, affectueux, pieux, honnête, charitable et ouvert d’esprit. Il fit montre d’un zèle admirable pour la propagation de la foi chrétienne. Durant les dix ans de son Gouvernorat, en protégeant toutes les personnes dont il avait reçu la charge, respectant la Loi et propageant la Bonne-Nouvelle, le Chevalier de Montmagny s’illustra en tant qu’officier du pouvoir public, chef et Catholique modèle.
Source : Frères d’armes
mercredi 16 septembre 2009
Cours ERC - Marie-Josée Croteau rencontre Richard Martineau
Vidéo du bref passage de Marie-Josée Croteau, présidente de la Coalition pour la liberté en éducation (CLÉ), chez Richard Martineau le 7 septembre 2009. Bref passage, car il était initialement prévu que cet entretien durerait 20 minutes pour discuter de l'impact du jugement de Drummondville qui, en première instance, a débouté les parents qui demandaient une exemption au cours d'éthique et de culture religieuse. Pour cause de Moulin à paroles (sur l'histoire du Québec), l'entretien ne durera en fait que 5 minutes.
Signalons que Richard Martineau ne semble pas du tout avoir suivi le dossier :
- M. Martineau persiste à penser que la CLÉ est toujours un groupe de catholiques rassis (or elle comprend des catholiques, des protestants, des Coptes, des agnostiques et a même reçu une demande d'aide d'un couple athée).
- Il semble ignorer qu'il y avait déjà un enseignement sur les autres religions à la fin du secondaire lors du cours de religion catholique.
- Il confond diversité ethnique et culturelle et diversité religieuse (en fait, le Québec est toujours à près de 90 % chrétien).
- Il ressort son hochet favori : si on est contre le cours d'ECR on est contre le cours de science et les créationnistes vont sévir, véritable épouvantail qui empêche de réfléchir sur la nature idéologique du cours ECR (et, soit dit en passant, il y a justement de nombreux récits créationnistes dans les classes d'ECR). D'ailleurs, malgré deux signaux du pied de Mme Croteau (« rééduquer des enfants », « Ré-édu-quer »), Martineau n'écoute pas, ne saisit pas la balle au bond et continue avec les questions qu'il posait il y a déjà un an...
- Martineau semble s'opposer à un système d'éducation à la carte, qu'a-t-il donc contre le choix ? Pourquoi pense-t-il que l'uniformité est bonne (paradoxalement pour imposer un cours au nom de la diversité) ? Pourquoi pas un ministère de l'Épicerie nationale qui déciderait ce qui doit aller dans le panier de la ménagère ou de l'alimentation des enfants ? L'alimentation est-elle moins importante que l'éducation ?
mardi 15 septembre 2009
lundi 7 septembre 2009
Élèves francophones minorisés: faut-il réduire l’immigration?

Minoritaires! Après que la proportion de francophones à Montréal ait chuté sous le seuil historique des 50%, un nouveau plancher vient d’être défoncé: les Québécois de souche sont désormais moins nombreux que les allophones dans les écoles publiques montréalaises! Et ce n’est pas fini: le nombre d’immigrants devrait augmenter de 46 000 à 55 000 d’ici 2010. Jusqu’où ira-t-on pour affaiblir la culture québécoise?
Oh, mais je vous entends déjà débiter le sempiternel refrain: « l’immigration est une richesse, comment oses-tu remettre en question ce formidable trésor, ce don du ciel, alléluia! » et bla-bla-bla. Vrai. Mais l’eau aussi constitue une richesse, ce qui n’empêche pas qu’en trop grande quantité elle peut tuer. L’eau est une richesse, mais le tsunami tue. Une richesse n’est pertinente qu’en relation avec les conséquences négatives de sa trop grande possession.
De la même manière, la cohésion sociale représente peut-être une richesse encore plus précieuse que l’immigration. Selon Marie McAndrew, professeure à l’Université de Montréal, à partir d’une concentration ethnique dépassant 75%, des effets négatifs sur la cohésion peuvent se produire dans les classes. Près de soixante écoles sur l’île de Montréal dépassent ces chiffres. Pensons-y un peu: comment espère-t-on intégrer des jeunes vivant dans un environnement ignorant tout du Québec et de sa culture et où le terme « Québécois » possède plus souvent qu’autrement une connotation négative?
Pourtant, les effets négatifs d’une trop grande immigration sont bien connus. Benoît Dubreuil, chercheur au Centre d’études et de recherches internationales (CÉRIUM), explique:
On sait que l’incidence de la pauvreté chez les immigrants est deux fois supérieure à ce qu’elle est dans la population en général et que les minorités visibles sont deux fois plus touchées par le chômage. Ces résultats ne semblent pas dépendre de notre système de protection sociale particulier puisque tous les pays industrialisés - autant la Suède, la Belgique que les États-Unis - sont confrontés à des résultats semblables.
Qui plus est, la ghettoïsation a atteint un stade inquiétant dans le domaine résidentiel, où se multiplient les enclaves ethniques, et dans le domaine scolaire, où 60 % des enfants issus de l’immigration fréquentent des écoles à majorité immigrante. À cela s’ajoute bien sûr la question linguistique, loin d’être réglée alors qu’un immigrant sur deux arrivé au cours des 25 dernières années utilise toujours l’anglais dans ses interactions publiques.
Certains pays, comme l’Angleterre, ont compris les dangers d’une trop grande immigration sur la cohésion sociale et ont décidé de limiter la venue de certains groupes. 1 Ici, pas question! On ouvre encore davantage les vannes, et que l’eau monte! Vous en voulez une richesse, la voilà! Et buvez, buvez, chers amis, jusqu’à votre mort!
L’ouverture
D’autres nous disent encore: « il faut faire preuve d’ouverture! ». Sommes-nous réellement plus « ouverts » aujourd’hui qu’il y a vingt-cinq ans, par exemple? Le ratio naissances/immigration était de 4,7 en 1982 (4,7 fois plus de naissances que d’immigrants reçus en une année). En 2007, le ratio tombe à 1,8. Pour un nombre de naissances semblable, nous recevons trois fois plus d’immigrants.2 Et ce n’est qu’un début!
Qu’est-ce que l’ouverture, au fait? L’ouverture, il me semble, c’est de se montrer accueillant et prêt à faire des compromis, à accepter l’autre dans ses différences en autant que celui-ci respecte nos valeurs de base. Et de ces valeurs, il me semble, une doit être notre capacité à survivre en tant qu’entité culturelle et linguistique et l’autre doit être de bien pouvoir s’occuper des nouveaux arrivants. On peut ouvrir toutes grandes les portes de notre maison, mais il doit être clair pour nos invités qu’il s’agit effectivement de notre maison. Ils nous font la fleur d’amener leur héritage culturel, mais y a-t-il suffisamment de pots pour tous?
Parallèlement, il a été démontré que l’intégration des immigrants constitue un travail beaucoup plus ardu qu’on pourrait le croire. Le démographe Marc Termote le souligne:
Les natifs dont la langue maternelle n’est ni le français, ni l’anglais, ni une langue autochtone, constituent environ 30 % du total de la population de langue maternelle « autre ». Même s’ils sont nés au Canada, ces descendants d’immigrants ne sont guère portés à abandonner la langue tierce qu’ils ont héritée de leurs parents : seulement quelque 40 % l’ont fait, et parmi ces derniers, à peine un quart ont choisi le français comme langue d’usage à la maison. En d’autres termes, au sein de ce groupe de natifs de langue maternelle tierce, seulement 10 %, soit environ 20 mille personnes, ont choisi comme langue d’usage à la maison la langue officielle et majoritaire du Québec. Puisqu’il s’agit ici de transferts sur la durée de vie, on peut aisément estimer à quelques centaines d’unités le gain annuel moyen réalisé par le groupe francophone grâce à l’ « intégration » linguistique des descendants d’immigrants. Un tel résultat démontre, s’il en est besoin, l’extrême difficulté à changer de langue.
Ce problème est particulièrement explosif chez les immigrants de souches non latines. Le Conseil supérieur de la langue française (CSLF), en plus de dénoncer la hausse prévue du nombre d’immigrants comme étant disproportionnée en relation aux ressources disponibles pour l’intégration de ceux-ci, a établi que les efforts de francisation des Asiatiques, Slaves et Scandinaves depuis trente ans ont été à peu près nuls. 3 Composant près de 35% de l’apport d’immigrants à chaque année, ils n’apprennent le français que dans une proportion de 15%. Comment expliquer cela?
L’indice de vitalité linguistique
La réponse se trouve peut-être dans l’indice de vitalité linguistique (IVL). Cet indicateur, très utile, s’obtient en divisant le nombre de personnes parlant une langue d’usage par celles la parlant en tant que langue maternelle. Quand le résultat est près de 1, il y a stagnation, au-dessus il y a un certain attrait pour cette langue, et en-dessous on parle d’assimilation. Au Québec, par exemple, l’IVL des francophones sur l’île de Montréal est passé de 1,03 en 1986 à 1,09 en 2006. Les anglophones, eux, ont vu leur IVL exploser de 1,18 à 1,43! Concrètement, le pouvoir d’attraction de la langue anglaise est de loin supérieur à celui du français. Faut-il se surprendre, alors, s’il a été démontré qu’entre 54% et 60% des travailleurs de langue maternelle française parlent anglais quand ils s’adressent à leurs supérieurs, leurs collègues ou leurs subordonnés anglophones? 4
L’anglais constitue une langue plus attractive, simplement.
Des lieux d’éducation remplies d’immigrants, une cohésion sociale amoindrie, des difficultés d’intégration, une dévalorisation de la culture québécoise, une langue menacée et un faible pouvoir d’attraction; ne s’agit-il pas de la recette parfaite pour une catastrophe linguistique et culturelle? Quelle société d’accueil offre-t-on aux nouveaux arrivants en les parquant dans des écoles où ils ont peine à rencontrer des Québécois de souche? Soyons humains, et offrons-leur une société cohérente.
À défaut de pouvoir tout solutionner d’un seul coup, ne faudrait-il pas commencer par le début et réduire le nombre d’immigrants avant qu’il ne soit trop tard? Face aux dogmes des solutions magiques du multiculturalisme et de l’immigration prônés par ces bien-pensants qui jouissent avec le feu, qui aura le courage de poser crûment la question?
1. Le Monde, International, jeudi, 26 octobre 2006, p. 8, EUROPE, GRANDE-BRETAGNE MARCHÉ DU TRAVAIL, Au nom de la cohésion sociale, Londres limite l’immigration des Bulgares et des Roumains, Marc Roche [↩]
2. Statistiques Canada, Tableau 051-00041, Composantes de l’accroissement démographique, Canada, provinces et territoires, annuel (personnes) [↩]
3. Le Devoir, LES ACTUALITÉS, vendredi, 27 juin 2008, p. a1, État de la langue française, Québec «ne doit pas laisser aller les choses», Un bloc irréductible d’immigrants ne se francise jamais, Dutrisac, Robert [↩]
4. Idem. [↩]
dimanche 6 septembre 2009
Le devoir de mémoire
La chronique de Joseph FacalL'autre jour, je me promenais dans mon nouveau quartier d'adoption, à Madrid.
Mon oeil est soudainement attiré par une plaque posée sur un immeuble que rien ne distingue des autres, à l'angle des rues Ibiza et Fernàn Gonzàlez. La plaque souligne que c'est dans cette maison que naquit, en 1941, le grand ténor Plácido Domingo.
Elle fut apposée en 1978, alors que Domingo n'avait que 37 ans et que sa carrière prenait son essor international. Pour dire les choses brutalement, on n'a pas attendu qu'il meure...
HISTOIRE
En Europe, des plaques de ce type sont installées un peu partout pour célébrer des personnages illustres, des événements importants ou des actes héroïques accomplis par de simples citoyens. Ces vieilles sociétés ont leurs défauts, mais elles ont un sens aigu de l'Histoire, de l'importance d'entretenir la mémoire, de léguer consciemment un héritage. Je regrette que nous, Québécois, l'ayons si peu.
Cela n'a rien à voir avec le fait que ces sociétés ont plus d'histoire à célébrer que nous, parce qu'elles sont plus vieilles. Je vous parlais tantôt d'un chanteur encore vivant. Non, c'est une question d'attitude face à la culture et à l'histoire.
SAVOIR HONORER
Il est vrai que notre histoire compte peu de faits d'armes glorieux. Mais sur le plan artistique, le Québec a, en proportion de sa population, produit autant de grands talents que bien d'autres peuples. Si on les célébrait davantage, on renforcerait une fierté et une conscience collectives qui nous font cruellement défaut.
L'Assemblée nationale distribue certes des médailles et décerne aussi l'Ordre du Québec aux gens qui se sont distingués. Mais l'événement est oublié le lendemain. Une plaque reste là, visible quotidiennement, et elle traverse les âges. Les jeunes qui la voient grandissent ensuite imprégnés de la conscience d'être un maillon d'une chaîne qui a commencé bien avant eux.
Chez nous, les rares fois où nous décidons de faire les choses en grand, nous passons souvent à côté. Que son auteur me pardonne, mais la statue de René Lévesque, par exemple, fait honte à la mémoire de ce géant. Trouvez-moi donc un seul défenseur des mérites artistiques de cette calamité...
CULTURE
En Espagne, il y a présentement 18% de chômeurs. Les musées subissent pourtant des travaux de rénovation qui coûtent des fortunes. Les Espagnols considéreraient comme un twit fini le politicien qui dirait que, dans un tel contexte, il faut prioriser les «vraies affaires» pour justifier de reléguer l'histoire et la culture au dernier rang.
Certains me répondront cyniquement que plusieurs de nos artistes contemporains ont déjà leurs millions pour se contenter. Leur faut-il en plus une statue ou une plaque ? Cette attitude illustre justement ce que je déplore: notre rapport à la chose culturelle. Le Québec est non seulement une société amnésique, qui vit exclusivement dans l'immédiateté, mais aussi où la vraie grandeur met beaucoup de gens mal à l'aise.
«Ça change quoi dans nos vies ?», demanderont les petits esprits. Ça change qu'un peuple qui manque de fierté et qui ne sait pas d'où il vient aura forcément toute la misère du monde à savoir où il doit aller.
Source
samedi 5 septembre 2009
Cahier ECR : « je suis un garçon, une fille, je ne sais pas encore »
On demande à l'élève de préciser son identité sexuelle, on propose comme choix aux enfants : Je suis un garçon, je suis une fille, je ne sais pas encore...
La théorie du genre affirme que la sexualité est une construction sociale et personnelle, on forme sa propre sexualité : on devient homme, femme; on ne naît ni homme, ni femme. Il s’agit donc de l'idéologie de la construction sociale du rôle sexuel, cette théorie sert souvent à légitimer l’homosexualité et la transsexualité.
